Club Français b. Racing C.F. : 2 à 1 Le match capital de la journée se disputait hier à Saint-Ouen, devant un stade comble. C'était, en quelque sorte, la revanche du match de coupe qui vit l'élimination du tenant du trophée. Pour le Club, il lui fallait vaincre pour conserver toutes ses chances dans cette dure compétition qu'est le championnat de Paris. Le match fut sévèrement disputé. Chaque équipe prit, à tour de rôle, l'avantage et, jusqu'aux dernières minutes, il était bien risqué de formuler un pronostic. Empressons-nous d'ajouter, toutefois, que la victoire du Club est fort régulière. Il possédait hier la meilleure ligne d'avants, et ceci lui donna la victoire. Le Racing se dépensa beaucoup, mais ses offensives, bien commencées, échouèrent pour la plupart par suite du manque d'entente. On vit Galley, maladroit, rater tous ses centres; Dufour, trop personnel, se faire arrêter en dernier ressort par Parkes ou Logez. Guizon fut peu heureux. Seul, des avants, Veinante n'a rien à se reprocher. Du reste de l'équipe, il n'y a guère de critique à formuler. Tassin, à l'ouvrage, défendit ses buts avec l'adresse et l'énergie qu'on lui connaît. Capelle et Niko furent, dans l'ensemble, bons. Gautheroux joua avec autorité et paraît actuellement en pleine forme. Anatol, très courageux, ne faiblit jamais. Diagne fit un bon match. Au Club, toute l'équipe est à féliciter. Sa défense se dépensa heureusement, et Parkes, une fois de plus, fut le plus en relief. Omhever, très heureux, se tira parfaitement de situations critiques. Rigollet revient en forme. Hudry, très consciencieux, se dépensa avec bonheur. Logez fut un joueur très utile. La ligne d'avants se distingua, particulièrement par Dumas, Mercier et Largillière Cette victoire place le Club en tête, à égalité de points avec le Racing, mais il a disputé les matches les plus difficiles et peut espérer enlever un titre qu'il détint déjà deux fois successives. X La partie débuta à bonne allure, et le Racing prit bientôt l'avantage. Veyssade réussit bientôt un but, refusé pour hors jeu. Le Club. alerté, répliqua immédiatement et refoula ses adversaires sur leurs buts. Après une action très sérieuse et une charge de Ksentini sur Tassin, ce dernier rata la balle. et Mercier, survenant avec à propos, poussa la balle dans les filets vides. Il y avait 17 minutes que l'on jouait. Club Français, 1; Racing C.F., 0. La partie devint alors très égale. A tour de rôle, les deux équipes prirent l'avantage Un corner au Racing fut refusé par l'arbitre, M. Vandeputte, et le public protesta avec juste raison. Omhever fut à l'ouvrage, puis une superbe attaque combinée entre Dumas, Haas et Mercier fut arrêtée par Capelle. Une minute avant le repos, Niko, pour se protéger la figure — arrêta la balle des deux mains Le penalty qui s'ensuivit fut transformé par Rigollet. Club Français, 2; Racing C.F., 0. La mi-temps arriva immédiatement après Le Club menait par 2 buts à 0. La partie reprit, très animée. Tassin fut en danger, puis Omhever — sur coup franc tiré par Anatol — fut à l'ouvrage. Quelques instants plus tard, un plongeon judicieux du gardien clubiste empêcha Galley de conclure Le jeu redevint fort égal; puis Largillière et Mercier eurent tous deux des occasions superbes, qu'ils gâchèrent, du reste. Le Club fit pression. Mercier ouvrit à Largillière, qui shoota dans les mains de Tassin; puis un centre de Largillière fut repris de la tête par Mercier, mais Tassin sauva encore. Il ne restait plus que quelques minutes à jouer Le Racing effectua un retour foudroyant. Une attaque Delfour-Veyssade fut arrêtée par Hudry replié. Le Club dut concéder deux corners, et après une passe de Veinante à Delfour, ce dernier marqua un but superbe. Club Français, 2; Racing C.F., 1. Le Club se dégagea enfin. Il obtint un corner, puis le Racing reprit le commandement. Rigollet se distingua, sauvant des situations critiques; puis, Delfour, à trois mètres, allait shooter, lorsque Omhever plongea dans ses jambes, sauvant ses buts. Ce fut le dernier épisode de ce match, chèrement disputé. — R.D.